Le Rassemblement national franchit un nouveau cap dans sa contestation des grands corps de l'État. Après la charge menée par Marine Le Pen contre le président du Conseil constitutionnel Richard Ferrand, le mouvement élargit son offensive institutionnelle en ciblant désormais le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin.

Une offensive coordonnée contre deux figures clés

Invité de l’émission « Les 4V » sur France 2, le député RN Jean-Philippe Tanguy a haussé le ton en affirmant que son parti envisageait formellement de réclamer le départ conjoint des deux hauts responsables. En cause : la récente prise de parole d’Emmanuel Moulin appelant à voter au plus vite le budget de l’État. Pour l'élu lepéniste, le gouverneur « se comporte toujours comme un macroniste » et s'affranchit de sa neutralité en s'immisçant dans le calendrier parlementaire.

Cette mise en cause rejoint la fronde ouverte par Marine Le Pen contre Richard Ferrand. L'ancien président de l’Assemblée nationale a publiquement déclaré illégale toute tentative de réviser la Constitution par l’article 11 sans passer par l'aval du Parlement. Cette fin de non-recevoir verrouille l'une des promesses centrales du RN, qui entend recourir directement au suffrage populaire pour faire adopter ses réformes sur l'immigration et la citoyenneté. Selon la dirigeante frontiste, cette prise de position constitue un manquement grave au devoir de réserve inhérent à la présidence du Conseil constitutionnel.

Tensions croissantes autour des contre-pouvoirs

Cette offensive contre les régulateurs institutionnels et financiers illustre la stratégie du parti à la flamme, qui accuse régulièrement les élites nommées sous les quinquennats d'Emmanuel Macron de partialité délibérée. Pourtant, cette fermeté suscite l'ironie de ses détracteurs : lors de la confirmation de Richard Ferrand rue de Montpensier, le Rassemblement national avait choisi de s'abstenir, permettant arithmétiquement son installation.

Si ces demandes de démission n’ont aucune chance juridique d’aboutir, elles préfigurent un durcissement des tensions politiques. En remettant en cause la légitimité des contre-pouvoirs face à la volonté populaire, le parti cherche à polariser le débat face aux autres partis républicains à l'approche des scrutins nationaux.

Sources

  • Le JDD : https://www.lejdd.fr/politique/il-doit-quitter-la-tete-du-conseil-constitutionnel-marine-le-pen-reclame-la-demission-de-richard-ferrand-186072
  • Franceinfo Politique : https://www.franceinfo.fr/politique/il-faut-qu-ils-partent-le-depute-rn-jean-philippe-tanguy-demande-de-depart-d-emmanuel-moulin-gouverneur-de-la-banque-de-france-et-de-richard-ferrand-president-du-conseil-constitutionnel_8238322.html
  • France Inter Politique : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique/l-edito-politique-du-jeudi-15-octobre-2026-2652181
  • France 3 régions : https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/finistere/brest/il-a-rompu-avec-la-neutralite-marine-le-pen-exige-la-demission-de-richard-ferrand-apres-son-veto-sur-le-referendum-constitutionnel-3433743.html
  • HuffPost Politique : https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/marine-le-pen-exige-le-depart-de-richard-ferrand-qu-elle-a-contribue-a-installer-au-conseil-constitutionnel_340133.html

Synthèse éditoriale Élections 2027.

Rubrique : Candidats