Le député du Finistère Erwan Balanant, figure influente du Mouvement démocrate (MoDem), a dressé un réquisitoire sévère contre les défaillances de l'État dans la prise en charge des violences subies par les mineurs. Invité au micro de RFI France, le parlementaire a fustigé un « angle mort » historique de l'action publique, tout en articulant la question des moyens matériels à celle, hautement inflammable, des arbitrages financiers qui structureront le budget et les débats vers l'échéance républicaine de 2027.
Briser le tabou des violences faites aux mineurs
Rapporteur du volet consacré à l’enfance au sein de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, Erwan Balanant refuse les faux-semblants. Selon lui, la société française a trop longtemps détourné le regard face aux maltraitances intrafamiliales et institutionnelles. Les chiffres compilés ces dernières années par les commissions indépendantes et les associations dressent pourtant un tableau accablant : chaque année, des dizaines de milliers d'enfants subissent des violences physiques, psychologiques ou sexuelles dans un silence souvent institutionnalisé.
Pour enrayer ce phénomène systémique, le député centriste défend un dispositif audacieux : l’instauration d'un entretien annuel obligatoire pour chaque élève, de la maternelle jusqu’à la majorité. Ce rendez-vous régulier aurait pour vocation d'offrir un espace d'écoute sécurisé, détaché de la sphère familiale immédiate, capable de libérer la parole des victimes le plus tôt possible. Une telle mesure marquerait un tournant dans la doctrine de prévention de l'Éducation nationale, mais elle se heurte déjà à un principe de réalité particulièrement rude.
La réalité logistique face au manque critique de soignants
L’ambition législative est en effet immédiatement rattrapée par les pénuries sectorielles qui minent la médecine scolaire. Comme l'a concédé sans détour Erwan Balanant, le pays « n'est pas capable de former les 10 000 infirmières supplémentaires » indispensables pour mettre en œuvre un tel suivi personnalisé dès la rentrée. Le constat met en lumière le gouffre existant entre l'intention législative et les capacités opérationnelles d'un système de santé sous tension chronique.
Cette pénurie de personnel médical à l'école est le résultat de décennies de sous-investissement et de grilles salariales jugées peu attractives. Pour le MoDem et les différents partis qui composent l’arc républicain, le défi dépasse la simple annonce de principe. La formation, la revalorisation statutaire et le recrutement massif de soignants dédiés aux établissements scolaires exigent une planification pluriannuelle rigoureuse, incompatible avec les logiques d’économies à court terme souvent privilégiées lors des exercices budgétaires récents.
Le budget comme arbitre : la revendication d'une justice fiscale
Ce déficit criant de moyens humains ramène inévitablement la discussion sur le terrain des recettes publiques. Alors que les arbitrages financiers s'intensifient au sein de l'hémicycle, Erwan Balanant a réaffirmé la nécessité de faire preuve de justice fiscale et sociale. Pour financer des politiques pérennes de protection de l'enfance, le député du Finistère n'hésite pas à réclamer des efforts mieux partagés, ciblant notamment les plus hauts patrimoines et les bénéfices exceptionnels des grandes entreprises.
Ce positionnement résonne avec force au sein de la politique économique nationale. Tandis que le gouvernement cherche à contenir un déficit public sous surveillance étroite de Bruxelles, les voix centristes rappellent que la rigueur aveugle ne saurait sacrifier les missions régaliennes de solidarité et d'éducation. La question fiscale s'impose ainsi comme l'un des clivages majeurs qui distingueront les différentes plateformes des candidats amenés à concourir dans les prochains mois.
Un marqueur programmatique en vue des échéances à venir
À l'approche de la fin de cycle présidentiel, les prises de position d'élus d'expérience comme Erwan Balanant traduisent une volonté d'émancipation doctrinale pour l'aile sociale du bloc central. En plaçant l'enfance vulnérable et le civisme fiscal au sommet des priorités, le MoDem entend rappeler son identité propre face aux approches purement budgétaires ou sécuritaires.
Pour les citoyens, la protection de la jeunesse constitue un critère d’évaluation capital de l’action gouvernementale. Les électeurs attendent désormais des réponses concrètes et financées, loin des promesses non tenues qui ont émaillé le passé. Les débats autour des lois de finances et du calendrier des réformes à venir serviront d'épreuve de vérité : l'État sera-t-il capable de sanctuariser la sécurité physique et psychologique de ses mineurs tout en rééquilibrant ses comptes ? L'avertissement lancé par Erwan Balanant prouve que la bataille des priorités ne fait que commencer.
Sources
Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats






