Les oppositions parlementaires accentuent leur pression sur les contre-pouvoirs républicains. Les députés du Rassemblement national et de l'Union des droites pour la République (UDR) ont formellement saisi le Conseil constitutionnel afin d'exiger la « démission d’office » de son président, Richard Ferrand. Le courrier a été officiellement transmis à l'ancien Premier ministre Alain Juppé, doyen d’âge de l'institution, dans l'espoir d'enclencher une procédure disciplinaire interne.

Les requérants accusent l'ancien président macroniste de l'Assemblée nationale d'avoir rompu avec son devoir de réserve et d'impartialité. Richard Ferrand avait publiquement jugé illégal tout recours direct au référendum via l'article 11 pour modifier la Constitution sans l'accord préalable des assemblées. Cette mise au point bloque le projet de consultation populaire sur l’immigration prôné par les candidats de droite radicale. Sur Europe 1 et CNEWS, Marine Le Pen a répliqué sans détour : « Il devrait partir ». La dirigeante d'extrême droite justifie sa ligne en invoquant la jurisprudence gaulliste de 1962, lorsque la juridiction s'était déclarée incompétente face à la volonté populaire directe.

Cette passe d'armes divise profondément l'échiquier politique. David Lisnard a dénoncé une « autosaisine en pleine campagne » de la part de Richard Ferrand, tandis que le député LR Philippe Gosselin a mis en garde contre une dérive illibérale cherchant à contourner les verrous légaux.

L'offensive ne se limite pas à la rue de Montpensier. Elle s'inscrit dans une fronde globale des partis d'opposition contre les personnalités issues de la macronie dirigeant les organes régulateurs. Les insoumis et le RN ciblent ainsi le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, accusé d'ingérence après avoir évoqué l'emploi des articles 47 ou 49.3 pour faire adopter le budget national.

Bien que la démarche disciplinaire remise à Alain Juppé ait une portée symbolique et peu de perspectives d'aboutir juridiquement, cette séquence marque une volonté assumée de déstabiliser les autorités institutionnelles garantes des normes en vue du scrutin présidentiel de 2027.

Sources

Synthèse éditoriale Élections 2027.

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