Dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 2027, la fiscalité de l'audiovisuel déclenche une vive confrontation entre le gouvernement et le groupe Canal+. Au cœur des débats parlementaires, l'article 16 du budget prévoit de supprimer le taux réduit de TVA de 10 % dont bénéficient historiquement les télévisions payantes traditionnelles diffusant en direct. Cette mesure vise à aligner leur fiscalité sur celle des plateformes de vidéo à la demande par abonnement, déjà assujetties à un taux standard de 20 %.
Invité au micro de RTL, le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a fustigé une décision « politique » et « absurde, qui n'a aucun sens économique ». Pour le diffuseur privé, filiale du groupe Vivendi, ce doublement mécanique de la taxe représente un surcoût direct évalué à 200 millions d'euros par an. Une ponction lourde alors que le calendrier budgétaire impose de sévères arbitrages d'économies à l'ensemble des secteurs d'activité.
Pour amortir ce choc fiscal, la chaîne cryptée prévient qu'elle engagera de profondes coupes opérationnelles. Principal pilier financier du septième art tricolore, Canal+ avertit que son engagement en faveur de la création pourrait chuter drastiquement, évoquant l'hypothèse de financer « peut-être trois-quarts de films en moins ». Au-delà de la filière cinématographique et des investissements dans les droits sportifs, la direction n'exclut pas le recours à un plan social pour comprimer ses charges de structure.
Les abonnés ne seront pas épargnés à moyen terme. Maxime Saada a confirmé que le groupe répercutera l'intégralité de la hausse de TVA – soit environ 10 % d'augmentation sur les forfaits –, mais seulement à l'horizon 2028 ou 2029, le temps que les contrats d'engagement pluriannuels souscrits par les téléspectateurs arrivent à échéance.
Cette offensive médiatique accentue la pression sur les députés de la commission des finances. Alors que les différentes forces de la politique nationale s'écharpent sur la fiscalité des grandes entreprises, les arbitrages parlementaires scelleront le sort de cette disposition, susceptible de bouleverser l'équilibre économique de la culture française.
Sources
Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Calendrier






