Le Parti communiste français (PCF) est entré de plein-pied dans la course à l'Élysée. Invité du journal télévisé de TF1 ce dimanche 6 septembre 2026, Fabien Roussel a officiellement annoncé sa candidature pour l'échéance présidentielle de 2027. Cette déclaration solennelle intervient immédiatement après la consultation des adhérents du parti, qui ont validé sa démarche à hauteur de 72 %. Assurant avoir fait « un choix largement réfléchi », le député du Nord entend porter un « projet de rupture » face aux politiques macro-économiques actuelles et aux propositions des autres forces de gauche. En choisissant une voie autonome très tôt dans le calendrier électoral, le secrétaire national du PCF réaffirme la singularité de sa ligne politique.
Un plébiscite interne pour lancer la campagne
L'officialisation de cette candidature n'est pas une surprise, mais elle s'appuie désormais sur une légitimité démocratique incontestable au sein de son propre camp. Le vote des militants communistes, qui s'est soldé par un score net de 72 % en sa faveur, offre à Fabien Roussel le socle nécessaire pour entamer un long marathon électoral. Pour les communistes, présenter un candidat autonome dès ce stade de la pré-campagne est un signal fort envoyé aux partenaires et concurrents de l'arc progressiste.
En 2022, la campagne de Fabien Roussel, axée sur la thématique de la « France des jours heureux », avait permis de redonner une visibilité médiatique et thématique inédite aux partis de gauche traditionnels, malgré un score final de 2,28 % au premier tour. En reconduisant massivement leur leader, les adhérents du PCF valident la poursuite de cette stratégie d'indépendance. Il s'agit de refuser toute dissolution dans une candidature unique de la gauche qui serait hégémonisée par La France insoumise (LFI) ou le Parti socialiste (PS).
La promesse d'un « projet de rupture » sociale et productive
Au micro de TF1, Fabien Roussel a insisté sur sa volonté de proposer un « projet de rupture ». Ce positionnement se veut en rupture avec la politique menée par la majorité présidentielle sortante, mais aussi en décalage avec une partie de la gauche qu'il juge trop urbaine ou déconnectée des réalités des classes populaires. Parmi les candidats déclarés ou pressentis pour 2027, le leader communiste veut s'imposer comme le représentant de la « gauche du travail » par opposition à ce qu'il a parfois qualifié de « gauche de l'allocation ».
Son programme s'articule autour de priorités claires et constantes : la défense du pouvoir d'achat, la revalorisation significative des salaires, l'indexation des pensions sur l'inflation, et la relance de la souveraineté industrielle française. Sur le plan énergétique, Roussel continue de défendre une transition pragmatique s'appuyant sur le mix nucléaire historique de la France, un point de divergence majeur avec les Écologistes et les Insoumis. En affichant également une fermeté républicaine sur les questions de sécurité et de laïcité, il espère reconquérir l'électorat populaire des zones périurbaines et rurales, qui s'est massivement tourné vers le Rassemblement national ces dernières années.
L'épineux casse-tête de l'union de la gauche
Cette entrée en lice précoce repose inévitablement la question de l'unité de la gauche. Si l'alliance du Nouveau Front Populaire a permis de faire barrage lors des élections législatives anticipées, l'élection présidentielle, régie par un mode de scrutin uninominal à deux tours, exacerbe structurellement les ambitions individuelles et les clivages préexistants. En s'affirmant autonome dès l'automne 2026, le PCF complique la tâche des partisans d'une candidature unique de la gauche dès le premier tour.
Pour Fabien Roussel, l'union ne peut se résumer à un ralliement derrière un programme ou une figure imposée par d'autres formations. Les discussions au sein de la politique française s'annoncent donc particulièrement complexes dans les mois à venir. Les écologistes, les socialistes et les insoumis devront intégrer cette réalité : le courant communiste aura sa propre voix, son propre candidat et son propre projet lors des débats nationaux.
Quel impact dans les sondages et pour la suite ?
Pour l'heure, les premières enquêtes d'opinions et sondages d'intentions de vote attribuent à Fabien Roussel des scores encore modestes, oscillant généralement entre 3 % et 5 %. Néanmoins, la campagne présidentielle est un processus long et dynamique. La capacité du candidat communiste à exister dans l'espace médiatique, à vulgariser ses propositions concrètes sur le quotidien des salariés et à capitaliser sur son image de proximité sera déterminante pour bousculer les rapports de force à gauche.
Le défi majeur pour Fabien Roussel sera de transformer sa popularité personnelle — souvent élevée chez les Français toutes sensibilités confondues — en bulletins de vote concrets. Il lui faudra convaincre l'électorat de gauche que son bulletin n'est pas un « vote utile » perdu, mais le point de départ d'une reconstruction politique globale, capable de s'adresser directement au monde du travail.
Sources
- Le Parisien Politique : Présidentielle 2027 : le communiste Fabien Roussel officialise sa candidature, après un vote des adhérents
- Le Monde Élection présidentielle : Fabien Roussel officialise sa candidature à la présidentielle et promet « un projet de rupture »
Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats




