Dans la gauche, la lutte contre le racisme est devenue un terrain de confrontation directe entre le Parti socialiste et La France insoumise. Après l'attentat raciste de Trappes, Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle, en a fait un axe de son discours. Selon L'Express Politique et L'Opinion, cette stratégie vise autant les socialistes que le Rassemblement national.
Une scène place Stalingrad révélatrice des tensions
Lundi 26 octobre, lors d'un rassemblement organisé par la société civile, dont SOS Racisme, place Stalingrad à Paris, le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a été hué. L'Express Politique rapporte que la scène s'est déroulée en présence du maire de Trappes, Ali Rabeh, et de la famille des victimes. L'appartenance politique des contestataires n'est pas connue. Le média précise toutefois que quelques élus insoumis ont relayé les vidéos sur leurs réseaux sociaux, en dénonçant la responsabilité des socialistes dans la banalisation de certains discours stigmatisants, avant de supprimer leurs messages. Olivier Faure a qualifié la scène de « sordide ». Seul L'Express Politique détaille cet épisode.
Le même jour, Jean-Luc Mélenchon s'exprimait à La Courneuve. Selon L'Express Politique, il promet une « Nouvelle France » où les racistes seraient privés de leur « fonction d'autorité ». Il dénonce les discours politiques et médiatiques qui banalisent le racisme, ainsi que les violences policières. Le média y voit la « préemption » d'un combat historiquement porté par le PS.
Entre le RN et les socialistes, une stratégie de positionnement
Les deux médias concordent sur l'objectif : la démarche de M. Mélenchon ne vise pas seulement l'extrême droite. L'Opinion résume son intention ainsi : pour affronter Marine Le Pen, il chercherait à effacer le centre de l'échiquier et à renvoyer les socialistes dans le camp des « fascistes ». L'Express Politique ne reprend pas cette formule, mais décrit une même logique de concurrence avec le PS sur l'antiracisme.
Leurs angles diffèrent toutefois. L'Express Politique insiste sur la bataille de « propriété » de l'antiracisme, qu'il présente comme la « matrice » de LFI, et cite la députée Aurélie Trouvé, qui jugeait la question « assez centrale dans la campagne présidentielle ». L'Opinion, dans son chapô, met l'accent sur le vide politique créé au centre. Le détail de cette thèse n'apparaît pas dans l'extrait disponible.
Vendredi 30 octobre, la gauche doit se retrouver pour la première fois à Trappes, à l'appel du maire, avec ses deux aspirants à l'Élysée, selon L'Express Politique. Ce rendez-vous sera un test concret : réconciliation ou affichage de la rivalité.
Les sondages ne figurent pas dans ces sources. Consultez les sondages pour mesurer l'effet éventuel de ces tensions, en gardant à l'esprit que tout sondage comporte une marge d'erreur. Pour suivre les échéances, voir le calendrier et la page des partis.
Sources
- L'Express Politique : Contre le PS, Jean-Luc Mélenchon veut le monopole de l'antiracisme
- L'Opinion : « Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
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