Aux côtés de Jordan Bardella, Marine Le Pen a officialisé les contours financiers du contre-budget qu'elle entend appliquer en cas d'accession à l'Élysée. Cet exercice de crédibilité économique, pensé pour rassurer les marchés et asseoir la stature présidentielle du mouvement, s'est toutefois déroulé sous une vive tension médiatique. La prise de parole conjointe des deux figures du Rassemblement national a en effet été percutée par la controverse naissante sur des propos polémiques attribués à Jordan Bardella, menaçant d'éclipser les annonces financières.
Une trajectoire de 140 milliards d'euros d'ici 2032
Malgré ce contexte agité, l'état-major lepéniste a tenu son calendrier pour présenter sa copie budgétaire. Marine Le Pen promet très exactement 140 milliards d'euros nets d'économies d'ici 2032 par rapport à l'exercice 2026. Conçue avec le député Jean-Philippe Tanguy, cette programmation pluriannuelle entend parer à la menace d'un défaut de paiement, que la dirigeante impute à la gestion des majorités sortantes.
Le calendrier prévoit d'atteindre l'équilibre primaire — hors charge de la dette — seulement 18 mois après l'élection présidentielle. La feuille de route vise ensuite à ramener le déficit public sous le seuil des 3 % du PIB dès 2030, notamment grâce à la fin de la reconduction automatique de certaines dépenses étatiques et à des coupes ciblées dans les coûts de fonctionnement administratif.
Une règle d'or budgétaire constitutionnelle
Pour verrouiller ces engagements, Marine Le Pen a annoncé une mesure institutionnelle d'envergure : l'adoption d'une « règle d'or budgétaire constitutionnelle adoptée par référendum ». Le recours au suffrage direct vise à inscrire le retour à l'équilibre au sommet de la hiérarchie des normes, rendant juridiquement contraignants les plafonds imposés aux futurs gouvernements.
Cette double annonce place les finances publiques au centre du débat politique. Alors que les différents partis d'opposition avancent leurs contre-projets et que les candidats précisent leurs choix macroéconomiques, le RN tente de s'ériger en gestionnaire rigoureux. Toutefois, le télescopage entre cette opération chiffrée et les révélations visant Jordan Bardella rappelle la difficulté persistante du parti à maîtriser son agenda face aux polémiques internes.
Sources
Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats






