L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) souhaite adapter ses instruments de contrôle aux mutations rapides de l'espace médiatique. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le gendarme de l’audiovisuel envisage un encadrement inédit pour les podcasts et les émissions numériques recevant des prétendants à l’Élysée.
Un vide juridique face à l'essor des formats numériques
Comme le rapportent conjointement BFMTV Politique et Ouest-France Une, le président de l'institution a révélé dans un entretien publié par La Tribune Dimanche qu'il réfléchit à fixer de « nouvelles règles » applicables à ces supports. À ce jour, les créations audio et vidéo sur internet ne sont soumises à aucune obligation stricte de pluralisme ou d'équilibre du temps de parole, contrairement à la télévision et à la radio traditionnelles.
Cette disparité juridique interpelle l'ensemble du monde politique. Tandis que les antennes conventionnelles voient leurs obligations s'intensifier sous le contrôle scrupuleux de l'Arcom à mesure que le calendrier électoral avance, de nombreux créateurs indépendants diffusent de longs entretiens sans aucune obligation de contrepartie équilibrée. Ouest-France Une insiste sur la force de frappe de ces nouveaux formats, rappelant que des chaînes comme celles de Guillaume Pley ou d'Hugo Décrypte rassemblent aujourd'hui plusieurs millions d'abonnés, touchant une audience massive hors du cadre historique de l'audiovisuel.
Une refonte stratégique pour la campagne de 2027
Pour les futurs candidats, l'utilisation de ces émissions numériques représente désormais un atout stratégique majeur. Les personnalités politiques privilégient de plus en plus ces formats longs, souvent moins conflictuels et plus décontractés, pour valoriser leur projet directement auprès d'un jeune public qui s'informe peu via les médias traditionnels.
Si les deux rédactions concordent sur le fait que le régulateur ne fait qu'ouvrir cette réflexion sans fixer de calendrier précis, BFMTV Politique met en avant l'écart de traitement persistant entre médias classiques et canaux numériques. De son côté, Ouest-France Une s'attache à souligner l'impact démocratique de ces audiences démultipliées. Si un système d'équité ou de suivi venait à s'appliquer à ces plateformes, les états-majors des différents partis devraient revoir en profondeur leur stratégie de communication en ligne pour la campagne électorale à venir.
Sources
Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats






