Réunis au palais de l’Élysée lors d'une session exceptionnelle d’information et d'échanges consacrée aux crises internationales, le chef de l’État et les représentants des principales forces politiques ont dressé un constat alarmant de la situation géopolitique. Face aux chefs de parti et aux figures engagées dans la perspective de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a tiré la sonnette d'alarme vendredi 18 septembre, avertissant que la « nature de l'agressivité russe et des menaces en Europe change » et que « la menace russe s'est intensifiée ».
Dans la foulée de ces consultations au sommet, le président de la République a annoncé avoir exigé du gouvernement la préparation immédiate d’un plan national de protection des infrastructures critiques face à la prolifération des attaques hybrides orchestrées par Moscou. Une posture offensive appuyée par un avertissement direct : ces offensives ne resteront « pas sans réponse » de la part des Européens. Sur le perron élyséen, Marine Tondelier, candidate désignée du mouvement Les Écologistes, a fait écho à cette gravité en estimant au micro de BFMTV Politique qu'« il y a des raisons d'être très inquiets ».
Une mobilisation régalienne face aux attaques hybrides
À l’initiative d'Emmanuel Macron, cette rencontre visait à partager avec les responsables parlementaires un état des lieux exhaustif des théâtres d’affrontement contemporains, depuis la guerre en Ukraine jusqu'aux déstabilisations au Proche-Orient. L'exécutif a insisté sur les répercussions directes de ces conflits sur le territoire national : sabotages présumés, campagnes massives de désinformation, cyberoffensives visant des réseaux hospitaliers ou des opérateurs énergétiques, et tentatives répétées d'ingérence électorale.
En commandant un plan de sauvegarde des infrastructures critiques — incluant les réseaux d'énergie, de télécommunications, de transports et de gestion de l'eau —, l'exécutif marque une étape supplémentaire dans le durcissement de sa doctrine de sécurité intérieure. Emmanuel Macron entend préparer la nation à une conflictualité diffuse et permanente qui ne s'arrête plus à l'affrontement militaire classique aux frontières orientales de l'Europe. Pour le locataire de l'Élysée, la riposte continentale doit désormais s'organiser de manière solidaire afin de décourager toute tentative de paralysie de nos démocraties.
Cette séquence républicaine a constitué une épreuve révélatrice pour les différents prétendants au pouvoir suprême. Si les questions de diplomatie et d'armement relèvent historiquement du domaine réservé du chef de l'État, elles s’imposent comme un passage obligé pour l'ensemble des candidats. La crédibilité internationale devient une condition sine qua non pour espérer briguer la magistrature suprême et assumer la charge de chef des armées.
L'inflexion stratégique de Marine Tondelier
C'est au sortir de ce huis clos que Marine Tondelier a exprimé une vive préoccupation quant aux velléités du régime de Vladimir Poutine. Refusant toute minimisation du danger, la cheffe de file écologiste a affirmé que les risques de déstabilisation du continent européen ne relevaient plus d'une hypothèse théorique, mais constituaient une menace immédiate réclamant une cohésion nationale sans faille.
Cette prise de parole publique s'inscrit dans une volonté délibérée de moderniser l'image de son mouvement sur les thématiques régaliennes. Longtemps jugés rétifs aux enjeux de dissuasion et de défense territoriale, Les Écologistes entendent démontrer que la lucidité géopolitique est compatible avec leur vision de société. Pour Marine Tondelier, l'arme énergétique maniée par le Kremlin prouve que la souveraineté nationale passe obligatoirement par la fin de la dépendance aux énergies fossiles. En liant décarbonation et émancipation stratégique vis-à-vis des régimes autoritaires, la candidate forge les contours d'une « écologie régalienne » destinée à crédibiliser son parti auprès des électeurs les plus attachés à la sécurité nationale.
La géopolitique au centre des équilibres électoraux
Cette focalisation sur le péril russe bouscule en profondeur le paysage politique français. Alors que les arbitrages électoraux sont fréquemment dictés par le pouvoir d'achat ou les tensions budgétaires, le retour de la guerre sur le sol européen impose un réalignement des doctrines partisanes. Les partis politiques sont sommés de clarifier sans ambiguïté leur position vis-à-vis de l'Alliance atlantique, du financement de l'effort de guerre ukrainien et de la construction d'un pilier de défense purement européen.
Ce clivage isole de plus en plus les partisans d'une posture de non-alignement face à un front plus large de soutien résolu à la résistance ukrainienne. Les récentes études publiées par les instituts de sondages indiquent que l'anxiété face à un embrasement régional et la crainte des ingérences étrangères demeurent particulièrement élevées parmi les citoyens. En adoptant une ligne ferme et républicaine, tant Emmanuel Macron que Marine Tondelier entendent démontrer qu'ils ne cèdent rien face aux menaces extérieures. La sécurité des infrastructures et l'intégrité de la démocratie s'annoncent d'ores et déjà comme des axes structurants des prochains débats républicains.
Sources
- BFMTV Politique : https://www.bfmtv.com/politique/elysee/video-menace-russe-il-y-a-des-raisons-d-etre-tres-inquiets-estime-marine-tondelier-candidate-les-ecologistes-a-la-presidentielle_VN-202609180470.html
- France24 France : https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20260918-france-emmanuel-macron-affirme-que-la-menace-russe-s-est-intensifi%C3%A9e
Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats



