À peine sa candidature officialisée pour l'échéance de 2027, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a choisi le terrain pour lancer son offensive politique. Ce mardi 8 septembre 2026, c'est au Marché d'intérêt national (MIN) de Rungis qu'il est allé à la rencontre des travailleurs, des grossistes et des petits commerçants. Au cœur de son message : une dénonciation vigoureuse de la vie chère et un appel pressant au gouvernement pour faire baisser les prix de l'énergie, dénonçant une situation intenable où « l'argent coule à flots pour certains ».
Un départ de campagne ancré dans la réalité du travail
Deux jours seulement après avoir formellement lancé sa course vers l'Élysée, Fabien Roussel applique sa méthode de prédilection : la confrontation directe avec la réalité du terrain économique et social. Le choix de Rungis, plus grand marché de produits frais au monde, revêt une importance hautement symbolique. C'est le poumon alimentaire de l'Île-de-France, un lieu caractérisé par des horaires décalés, un travail physique intense, et où les marges des distributeurs comme les coûts de transport sont scrutés au centime près.
En s'y rendant dès l'aube, le leader communiste entend incarner la « France qui se lève tôt », un électorat populaire et périurbain que les différents partis de gauche tentent de reconquérir en vue du scrutin de 2027. Pour Fabien Roussel, cette visite marque le coup d'envoi d'une longue campagne où la valeur travail, la souveraineté alimentaire et le pouvoir d'achat seront ses principaux chevaux de bataille. Cette entrée en matière rapide montre sa volonté de saturer l'espace médiatique et d'imprimer son rythme face aux autres candidats déclarés de son camp.
L'énergie au cœur de la colère : "L'argent coule à flots"
Interrogé par BFMTV Politique lors de sa déambulation entre les étals de Rungis, Fabien Roussel a immédiatement ciblé l'un des principaux facteurs de l'inflation qui étrangle les ménages et les petites entreprises : le coût de l'électricité et du gaz. Le député du Nord a vivement fustigé l'inaction perçue de l'exécutif face aux bénéfices records des géants du secteur énergétique.
« L'argent coule à flots pour certains », a-t-il martelé au micro de BFMTV Politique, pointant du doigt les multinationales de l'énergie qui continuent de dégager des profits historiques pendant que les artisans, boulangers, bouchers et poissonniers de Rungis luttent quotidiennement pour maintenir leur activité face à des factures énergétiques exorbitantes.
Pour le candidat communiste, la réponse gouvernementale actuelle est insuffisante. La solution ne réside pas, selon lui, dans des chèques exceptionnels ou des dispositifs d'aide temporaires et complexes, mais bien dans une baisse structurelle, massive et immédiate des tarifs réglementés de l'énergie. Cette position s'inscrit dans sa critique globale de la libéralisation du marché européen de l'électricité. Fabien Roussel plaide pour que la France reprenne le contrôle unilatéral de ses tarifs énergétiques, en s'affranchissant des règles d'indexation européennes qui pénalisent la production nationale décarbonée, notamment d'origine nucléaire.
Une stratégie de différenciation à gauche
Au-delà de la seule question économique, ce déplacement à Rungis illustre la stratégie politique globale du secrétaire national du PCF pour les mois à venir. En se positionnant comme le défenseur des travailleurs et des petits entrepreneurs, Fabien Roussel cherche à élargir sa base électorale au-delà de l'électorat traditionnel de la gauche radicale.
Dans un paysage politique fragmenté, où la course au leadership à gauche fait rage, le candidat du PCF tente de tracer une voie singulière, distincte de celle de La France Insoumise ou du Parti Socialiste. Sa ligne politique se veut à la fois productive, républicaine et axée sur la sécurité globale, qu'elle soit économique, alimentaire ou énergétique.
Alors que les premiers sondages nationaux commencent à dessiner les contours des rapports de force pour 2027, Fabien Roussel espère que son positionnement pragmatique et son discours de bon sens résonneront auprès d'une classe moyenne et populaire fatiguée des postures purement contestataires. Le calendrier électoral s'accélère, et en se déclarant très tôt dans la course, le patron des communistes espère s'imposer comme une figure incontournable des débats de la campagne présidentielle.
Conclusion
En choisissant le marché de Rungis pour sa première sortie officielle de candidat, Fabien Roussel a posé les jalons de son discours de campagne : un mélange de patriotisme économique, de défense des classes populaires et d'exigence de justice fiscale. En interpellant directement l'exécutif sur les tarifs de l'électricité et du gaz, il s'attaque à un sujet de préoccupation majeur qui pèsera lourdement dans le vote des Français. Reste à savoir si cette entrée en campagne précoce lui permettra de bousculer les lignes au sein d'une gauche toujours en quête d'unité.
Sources
Source factuelle citée : BFMTV Politique. Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats




