Les résultats de l'enquête PISA 2025, fraîchement dévoilés par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ont provoqué une véritable secousse au sein de la classe politique française. Avec des scores en compréhension de l'écrit et en mathématiques au plus bas historique pour les élèves de 15 ans depuis le lancement de l'étude en 2000, le constat est sans appel. Alors que la course vers l'échéance présidentielle s'accélère, cette crise de l'apprentissage s'impose immédiatement comme un enjeu crucial pour les différents partis et leurs leaders, qui s'affrontent déjà sur les solutions à apporter.
Un déclin historique confirmé par l'OCDE
L'évaluation PISA, qui mesure tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans à travers le monde, montre une dégradation continue et marquée des performances françaises. Selon les données relayées et analysées en direct par Le Monde Politique, le niveau des élèves français en lecture et en sciences physiques ou mathématiques n'a jamais été aussi bas au cours du quart de siècle écoulé. Si cette tendance à la baisse s'observe également dans d'autres pays de l'OCDE, la France se distingue par son incapacité à enrayer la chute, mais aussi par le poids persistant des inégalités sociales sur la réussite scolaire.
Pour les observateurs de la vie politique française, ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ils représentent le bilan de plusieurs décennies de réformes successives qui n'ont pas produit les effets escomptés. À quelques encablures des prochaines échéances électorales, ce naufrage scolaire offre une tribune de choix aux opposants comme aux figures de la majorité, chacun tentant d'imposer sa grille de lecture et ses propositions de redressement.
Gabriel Attal face au procès de son bilan
Ancien ministre de l'Éducation nationale et ancien Premier ministre, Gabriel Attal se retrouve en première ligne face à ces résultats. C'est lui qui avait porté la réforme du « Choc des savoirs », censée rehausser le niveau général grâce à la création de groupes de besoins en mathématiques et en français. Réagissant à la publication du rapport, il a lui-même évoqué une « triple défaite » française : une défaite institutionnelle, une défaite politique et une défaite sociétale.
Pour l'ancien chef du gouvernement, ce constat d'échec doit pousser à aller encore plus loin dans les réformes structurelles et l'exigence académique. Ses partisans estiment que les mesures qu'il a initiées n'ont pas encore eu le temps de porter leurs fruits et qu'il faut maintenir le cap de l'autorité et du retour aux fondamentaux. Cependant, pour ses détracteurs, cette « triple défaite » est avant tout celle de la politique macro-économique et éducative menée par l'exécutif depuis 2017. Cette situation place Gabriel Attal dans une position délicate parmi les potentiels candidats de la majorité, devant assumer un bilan complexe tout en incarnant une promesse de renouveau.
Olivier Faure refuse la fatalité et cible le manque de moyens
À gauche, la réplique a été immédiate. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a vivement réagi en affirmant qu'« il n'y a aucune fatalité » à ce déclin. Pour lui, la situation actuelle est le résultat direct d'une politique de coupes budgétaires, de suppressions de postes d'enseignants et d'une perte d'attractivité du métier qui décourage les vocations.
Olivier Faure et ses alliés dénoncent la méthode de la majorité sortante, qu'ils accusent d'avoir privilégié des réformes cosmétiques et idéologiques, à l'instar des groupes de niveau, plutôt que de s'attaquer aux causes profondes de la crise : la mixité sociale à l'école, la revalorisation salariale des professeurs et la réduction des effectifs par classe. En insistant sur l'absence de fatalité, la gauche cherche à redonner espoir aux personnels éducatifs et à se positionner comme la force politique capable de reconstruire le service public de l'éducation par l'investissement massif.
L'éducation nationale, grand clivage des prochaines échéances
Au-delà des joutes verbales entre Gabriel Attal et Olivier Faure, les résultats de PISA 2025 redessinent les contours du débat présidentiel. L'école n'est plus seulement un sujet technique de gestion ministérielle, elle est devenue le miroir des fractures françaises. La droite et l'extrême droite s'emparent également du sujet pour réclamer un retour à l'ordre, à la discipline et à une sélection plus précoce, tandis que la gauche fait de l'égalité des chances et de la justice sociale son cheval de bataille.
Pour les électeurs, la question éducative pourrait peser lourd dans les futurs sondages d'opinion. La capacité des prétendants à l'Élysée à proposer une vision claire, rassurante et efficace pour l'avenir des enfants de la République sera l'un des principaux tests de leur crédibilité présidentielle. Entre le modèle libéral-autoritaire défendu par une partie de la majorité et de la droite, et le modèle de justice sociale porté par la gauche, les Français devront trancher un choix de société fondamental.
Sources
Source factuelle citée : Le Monde Politique. Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats




