Le candidat de Renaissance à l'élection présidentielle de 2027, Gabriel Attal, accélère sur le terrain des propositions sociales. Lors de la première Université d'été de la monoparentalité, organisée à Paris par l'association « Moi et mes enfants », l'ancien Premier ministre a dévoilé un volet majeur de son programme destiné aux familles monoparentales. En proposant notamment la défiscalisation des pensions alimentaires pour le parent bénéficiaire, le candidat cherche à s'adresser directement à un électorat précarisé et souvent éloigné des priorités des politiques publiques traditionnelles. Cette offensive thématique dessine les contours d'une campagne axée sur le quotidien des Français, alors que la course à l'Élysée s'intensifie.
Une révolution fiscale pour les pensions alimentaires
Actuellement, le système fiscal français repose sur un mécanisme asymétrique : le parent qui verse la pension de subsistance peut la déduire de ses impôts, tandis que celui qui la reçoit – dans la grande majorité des cas, la mère – doit l'intégrer à ses revenus imposables. Gabriel Attal souhaite mettre fin à cette situation qu'il juge profondément injuste. Devant l'auditoire de l'association, il a martelé que la pension alimentaire « n'est pas un revenu personnel », mais une contribution directe aux besoins fondamentaux de l'enfant, qu'il s'agisse de l'alimentation, de l'habillement, de la scolarité ou des loisirs.
Selon les calculs présentés par le candidat de Renaissance, cette mesure de justice fiscale représenterait un coût estimé à « autour d'un milliard d'euros » pour les finances publiques. Ce sujet n'est pas totalement nouveau dans le débat parlementaire. Comme l'a rappelé le média LCP Assemblée, un amendement similaire porté par la députée écologiste Marie-Charlotte Garin avait été adopté à l'Assemblée nationale en octobre 2025 grâce à une alliance transpartisane inédite, avant d'être écarté du texte budgétaire final par le gouvernement. En reprenant cette proposition à son compte, Gabriel Attal tente de capitaliser sur un consensus politique existant tout en se positionnant comme le champion du pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes.
Vers un « droit au répit » et une carte d'identité spécifique
Au-delà du seul levier fiscal, le candidat veut apporter des réponses concrètes à la charge mentale et à l'isolement des parents célibataires. Gabriel Attal propose ainsi la création d'un « vrai droit au répit ». Concrètement, ce dispositif s'appuierait sur un partenariat renforcé entre les Caisses d'allocations familiales (CAF) et les collectivités locales pour garantir un accès effectif à des solutions de garde d'enfants temporaires ou d'urgence, y compris en soirée ou durant le week-end.
Pour faciliter le quotidien de ces foyers, l'ancien chef du gouvernement préconise également l'instauration d'une « carte famille monoparentale ». À l'instar de la carte famille nombreuse, ce titre permettrait d'accéder à des tarifs préférentiels et à des services adaptés. Pour le candidat, permettre à un parent isolé de prendre quelques heures pour des démarches administratives, des soins médicaux ou simplement pour souffler est une condition sine qua non pour lui permettre de rester un parent disponible et solide.
Une cible électorale cruciale pour la présidentielle
Cette annonce s'inscrit dans une stratégie politique bien définie à l'approche de l'échéance de 2027. Les familles monoparentales représentent aujourd'hui près d'une famille sur quatre en France, et la pauvreté y est particulièrement marquée. En s'emparant de cette thématique, Gabriel Attal cherche à élargir sa base électorale au-delà du socle traditionnel de la majorité présidentielle.
Alors que les différents candidats affûtent leurs programmes, cette proposition permet à l'ancien Premier ministre de marquer sa différence sur le plan social. Elle s'inscrit dans un calendrier politique où la question du pouvoir d'achat reste la préoccupation majeure des électeurs. En abordant de front la précarité des femmes seules avec enfants, Gabriel Attal tente de couper l'herbe sous le pied de la gauche tout en envoyant un signal fort aux classes laborieuses, souvent courtisées par l'extrême droite. Cette initiative pourrait également peser dans les prochains sondages d'opinion, qui mesurent l'adhésion des Français aux différentes propositions des prétendants à l'Élysée.
Le défi du financement dans un contexte budgétaire tendu
Si la mesure séduit sur le papier, elle ne manquera pas de susciter des débats quant à sa viabilité économique. Avec un coût annoncé d'un milliard d'euros, la défiscalisation des pensions alimentaires devra trouver sa place dans un budget de l'État déjà extrêmement contraint par les exigences de réduction des déficits. Les opposants politiques et les experts en finances publiques s'interrogent déjà sur les compensations nécessaires pour financer une telle promesse sans aggraver la dette nationale.
De plus, certains observateurs soulignent que cette réforme fiscale pourrait créer des effets de seuil ou nécessiter une refonte plus globale de l'impôt sur le revenu. La capacité de Gabriel Attal à convaincre de la crédibilité budgétaire de ses propositions sera un test majeur pour sa stature présidentielle. Néanmoins, en posant le débat sur la table, il force ses rivaux de tous les partis politiques à se positionner sur un sujet sociétal majeur qui touche des millions de citoyens au quotidien.
Sources
- LCP Assemblée : https://lcp.fr/actualites/presidentielle-2027-comment-gabriel-attal-veut-soutenir-les-familles-monoparentales-s-il
Source factuelle citée : LCP Assemblée. Synthèse éditoriale Élections 2027.
Rubrique : Candidats




