À pas de géant vers l'échéance présidentielle, la bataille des idées fait rage au sein de la majorité sortante. Au lendemain des propositions d'Édouard Philippe, c'est au tour de Gabriel Attal de dévoiler son plan d'attaque pour l'école publique. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, le chef de file des députés Renaissance et candidat déclaré formule plusieurs propositions chocs, dont le rétablissement du certificat d'études et l'obligation d'obtenir le brevet pour accéder au lycée. Une offensive politique majeure qui dessine les contours de son projet pour la France.

Une critique cash du bilan macroniste sur l'Éducation

C'est un pavé dans la mare de son propre camp. Gabriel Attal, qui a lui-même occupé brièvement le poste de ministre de l'Éducation nationale au second semestre 2023, n'hésite pas à poser un diagnostic sévère sur la gestion gouvernementale passée. Depuis le début du second quinquennat d'Emmanuel Macron en 2022, la rue de Grenelle a vu défiler pas moins de sept ministres. Pour le candidat de Renaissance, cette valse des portefeuilles et les revirements incessants de doctrine constituent « une forme de très mauvais "en même temps" qui a porté préjudice aux objectifs qu’on voulait atteindre ».

Pour rompre avec cette instabilité chronique qui fatigue les équipes pédagogiques et désoriente les familles, Gabriel Attal propose une méthode radicalement différente s'il accède à l'Élysée. Il s'engage à faire voter une loi de programmation pour l'école, qui serait pilotée par un ministre nommé pour l'intégralité du quinquennat, soit cinq ans. Une promesse de stabilité institutionnelle jugée indispensable pour mener des réformes structurelles sur le temps long dans le cadre de la politique éducative du pays.

Le retour du certificat d'études et du brevet obligatoire

Le cœur du projet attalien repose sur une volonté affichée de restaurer l'exigence académique et de lutter contre la baisse du niveau scolaire. Pour ce faire, l'ancien Premier ministre propose de réhabiliter un symbole fort de l'école républicaine d'autrefois : le certificat d'études, supprimé il y a un demi-siècle.

Ce certificat serait réintroduit à la fin de l'école primaire, servant de filtre à l'entrée en classe de sixième. L'objectif est de garantir que chaque élève maîtrise les savoirs fondamentaux avant de franchir les portes du collège. Pour les élèves en difficulté qui échoueraient à cet examen, Gabriel Attal prévoit la mise en place d'une « année passerelle » afin de leur donner une chance de rattraper leur retard.

Dans cette même logique de valorisation du mérite et de l'effort, le candidat souhaite rendre l'obtention du brevet des collèges strictement obligatoire pour le passage en classe de seconde. Actuellement, un élève peut poursuivre sa scolarité au lycée général ou technologique même s'il échoue au brevet. Cette réforme marquerait donc une rupture nette avec la pratique actuelle, transformant le premier examen de la scolarité en un véritable sésame académique.

Stabiliser l'institution et revaloriser les enseignants

Au-delà des examens, le programme de Gabriel Attal s'attaque aux conditions d'apprentissage et d'enseignement. Au niveau du primaire, le candidat souhaite tirer profit de la baisse démographique pour plafonner les effectifs à moins de 20 élèves par classe. Une mesure qui vise à offrir un accompagnement plus personnalisé dès le plus jeune âge.

Conscient que la crise d'attractivité du métier d'enseignant menace l'édifice scolaire, Gabriel Attal promet également de poursuivre la revalorisation des salaires des professeurs. Cette mesure s'inscrit dans les quatre chantiers prioritaires identifiés par le candidat pour la campagne présidentielle, aux côtés de la défense des frontières, de la maîtrise de l'intelligence artificielle et du pouvoir d'achat. En liant l'augmentation des rémunérations à une exigence accrue, il tente de séduire un corps enseignant historiquement méfiant envers le pouvoir exécutif, tout en se positionnant sur un créneau réformateur et pragmatique.

Les enjeux politiques d'une rentrée offensive

Cette prise de parole, largement relayée et commentée par le média LCP Assemblée, n'est pas fortuite. Elle intervient dans un calendrier politique précis, marqué par la pré-campagne pour l'échéance de 2027. En dégainant ses propositions au lendemain de celles d'Édouard Philippe, Gabriel Attal engage un duel à distance pour le leadership du bloc central.

Alors que les sondages mesurent régulièrement la popularité des différents prétendants de la majorité, l'ancien Premier ministre cherche à imprimer son rythme et à s'approprier le thème porteur de l'autorité et de la méritocratie républicaine. En ciblant l'école, un sujet qui transcende les clivages partisans et préoccupe une large majorité de Français, le candidat de Renaissance tente de consolider ses bases tout en séduisant l'électorat de droite modérée. Le calendrier politique s'accélère, et la bataille programmatique ne fait que commencer.

En remettant au goût du jour des outils traditionnels comme le certificat d'études, Gabriel Attal dessine une vision de l'école axée sur la rigueur et la stabilité. Reste à savoir si cette recette saura convaincre les syndicats d'enseignants et les électeurs, alors que le débat sur l'avenir du système éducatif français s'annonce d'ores et déjà comme l'un des points d'orgue de la campagne présidentielle.

Sources

  • LCP Assemblée : https://lcp.fr/actualites/presidentielle-retour-du-certificat-d-etudes-revalorisation-des-salaires-ce-que-propose

Source factuelle citée : LCP Assemblée. Synthèse éditoriale Élections 2027.

Rubrique : Candidats